Être femme et s’aimer ©

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L’esprit …

…Engagez-vous !…Initiez, persistez, et créez.

Il existe une vérité élémentaire dans le fait d’engager vos choix, une vérité qui ouvre la porte à la providence.
Retranscription vidéo « The Mind » :
 » Ne te laisses pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût.
Il y a des issues, Il y a de la lumière quelque part.
Pas forcément forte peut-être, mais elle chasse les ténèbres.
Sois à l’affût. 
L’univers t’offrira des opportunités, reconnais-les, saisis-les !
Tu ne peux battre la mort, mais tu peux dépasser la mort dans la vie, parfois.
Et plus tu apprendras à le faire, plus il y aura de lumière.
Ta vie est ta vie, sache-le tant qu’il est temps.
Tu es merveilleux, les cieux attendent cette lumière de toi.
Si tu veux essayer, alors vas-y jusqu’au bout.
Sinon, n’engages rien.
Si tu veux essayer, vas-y jusqu’au bout !
Cela pourrait signifier devoir perdre des choses, des personnes, ton travail, et peut être de voir perdre ton esprit, mais vas-y jusqu’au bout.
Cela pourrait vouloir dire devoir ne rien manger pendant 3 ou 4 jours,
Cela pourrait signifier devoir te geler sur le banc d’un parc public,
Cela pourrait signifier la prison, ou signifier être tourner en dérision, subir la moquerie, ou se sentir isoler.
L’isolement est un don, tous ceux qui t’entourent sont là pour éprouver ton endurance, et te permettre de voir à quel point tu peux avancer.
Et tu réussiras ! 
En dépit du rejet et des malchances, et ce sera mieux que tout ce que tu peux imaginer.
Si tu veux essayer, alors vas-y jusqu’au bout
Il n’existe pas meilleure sensation.
Tu seras seul avec les cieux, et les nuits s’enflammeront.
Fais le, Fais le, Fais le, Fais le, jusqu’au bout !
Tu chevaucheras la vie, droit vers un éclat de sourire parfait.
C’est l’unique bataille qui mérite d’être mener.
Nos plus grandes réussites ne peuvent pas être derrière nous,
parce que notre destin est au-dessus de nous.  »

Réflexion sur l’art d’aimer

« Pour aimer une femme, son compagnon doit aussi aimer sa nature non domestiquée. Si tel n’est pas le cas, la femme va s’en trouver déséquilibrée et bancale.
C’est pourquoi les hommes, comme les femmes, doivent nommer leur nature duale. Le plus précieux des amants, des parents, des amis, des hommes sauvages est celui qui veut apprendre.

Ceux qui n’y voient aucun intérêt, ceux qu’on ne peut entraîner vers des idées et des expériences nouvelles, ne peuvent aller de l’avant. Si quelque chose alimente les sources de la douleur, c’est bien de refuser d’aller plus loin dans l’apprentissage.

Qu’on soit ou non effrayé, se laisser éveiller à la nature sauvage de l’autre est une preuve d’amour profond. En un monde où les êtres humains craignent avant tout de perdre, on a édifié trop de murs qui empêchent de se dissoudre dans la luminosité d’une autre âme. »

Clarissa Pinkola Estes
« Femmes qui courent avec les loups. Histoires et mythes de l’archétype de la Femme sauvage »

18 règles de vie

1. Tenir compte du fait que beaucoup d’amour et de grandes réalisations impliquent de grands risques.

2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.

3. Suivez les trois R : Le respect de soi, le respect d’autrui, la responsabilité de tous vos actes.

4. Souvenez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance.

5. Apprendre les règles si vous savez comment les briser correctement.

6. Ne laisse pas une petite dispute blesser une grande amitié.

7. Lorsque vous réalisez que vous avez fait une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.

8. Passer du temps seul tous les jours.

9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas tomber vos valeurs.

10. Souvenez-vous que le silence est parfois la meilleure réponse.

11. Vivre une bonne vie honorable. Alors quand tu seras plus vieux et pense en arrière, vous serez en mesure d’en profiter une seconde fois.

12. Beaucoup d’amour dans votre maison est le fondement de votre vie.

13. Dans les désaccords avec les proches, ne traitent qu’avec la situation actuelle. Arrête d’être le passé.

14. Partagez vos connaissances. C’ est une façon d’atteindre l’immortalité.

15. Soyez doux avec la terre.

16. Une fois par an, allez quelque part où tu n’as jamais été avant.

17. Souvenez-vous que la meilleure relation est, un que votre amour pour l’autre dépasse vos besoin l’un pour l’autre.

18. Juger votre succès par ce que vous deviez donner afin de le récupérer.

Sa Sainteté le Dalaï Lama 

Cette lumière qui nous guide

Il existe au plus profond de notre être une flamme qui brille en permanence. Elle n’a jamais cessé d’être et ne cessera jamais de scintiller au creux de notre âme.

Il n’existe rien de plus simple ni de plus complexe que cette lumière qui nous rend puissants, majestueux, éternels et infinis. Il n’y a rien de plus pur, ni de plus sacré que cette lumière qui nous rend absolument vivants.

Nous existons au-delà de notre âge, de notre corps, de nos aspirations, de nos qualités, de notre histoire et de notre sourire. Nous existons bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer.

Nous sommes reliés les uns aux autres par des fils d’argent qui nous rappellent d’autres existences, d’autres temps et d’autres horizons…Rien n’est plus vaste que l’océan de lumière que nous portons à l’intérieur.

Rien n’est plus prodigieux que ses vagues venant façonner les nombreuses formes que nous adoptons au gré du temps. Cette lumière nous guide pour retrouver le souvenir de notre essence. Parfois nous nous dispersons et nous étourdissons de peur de contacter notre propre puissance. Mais toujours nous revenons vers elle qui ne cesse de nous tendre la main.

Le chemin vers la lumière est parsemé d’aventures en tout genre. Nous avons parfois besoin de nous inspirer de la lumière de l’autre pour mieux prendre conscience de notre propre rayonnement.

Car cette lumière a besoin de vivre, d’être nourrie, de se libérer tout au long de notre vie. Cette lumière nous inspire et nous élève, elle veut participer en totalité à cette gigantesque traversée.

Elle souhaite éclore et jaillir à travers la plus petite parcelle de vie que nous portons. Elle nous a mis au monde et souhaite qu’à notre tour nous la mettions au monde à travers la forme qui nous a été offerte. Elle n’aspire qu’à grandir et grandir encore. Il est vain de vouloir la contrôler ou de lui résister.

Elle est libre, éternelle, rebelle, grandiose, pure, illimitée, irraisonnée. Elle est douce et puissante, forte et vulnérable, triste et joyeuse, profonde et légère. Elle est tout et son contraire. Car elle est tout ce qui existe et elle souhaite expérimenter tout ce qui est.

Elle est là pour illuminer l’immense éventail de nos formes vie. Elle n’aspire qu’à faire étinceler les étoiles que nous sommes.

Elle est la quintessence de la Vie. Elle est la mosaïque de toutes les couleurs et des milliers d’arc-en-ciel que nous portons à l’intérieur. Elle n’a aucune attente ni aucune exigence puisqu’elle sait déjà qu’elle est victorieuse. Quel que soit le temps que cela prendra, elle a déjà accompli sa tâche.

Rien ne peut arrêter ce flot de lumière en nous. Lorsque nous résistons à cette lumière par peur, inconscience, ignorance ou choix, nous nous créons des limitations et des freins que nous seuls avons la capacité de transcender.

Chacun possède sa propre lumière, sa nuance, sa couleur et sa texture scintillante. Nous sommes les artisans de notre vibration de lumière. Et nous donnons vie peu à peu à notre propre harmonie lumière.

Les dissonances se transforment alors en prodigieuses symphonies. Il existe au fond de toi une lumière qui te guide. Il existe au creux de ton être une lumière qui brille.

Elle va et vient au gré des saisons de ton âme et jaillit de l’étincelle de vie qui l’enflamme. Nous sommes là où nous devons être pour nous affranchir de l’ombre qui nous enferme et renaître sans cesse à cette lumière qui nous libère.

Caroline Faget - Source www.reikiland.info

La conscience de l’être

Selon Gautama le Bouddha, la douleur et la souffrance naissent du désir ou des compulsions et pour s’en libérer, il faut éliminer la subordination au désir.

Pour trouver un substitut à la joie, qui est le propre de l’Être, le mental cherche le salut ou la satisfaction en désirant des choses extérieures ou dans le futur.

Aussi longtemps que je suis mon mental, je suis aussi ces envies, ces besoins, ces manques, ces attachements et ces aversions. À part ceux-ci, il n’y a pas de « je », sauf sous la forme d’une infime possibilité, d’un potentiel non réalisé, d’une graine qui n’a pas encore germé.

Dans cet état-là, même mon désir de me libérer ou d’atteindre l’éveil n’est encore qu’une autre envie axée sur une satisfaction et un accomplissement futurs.

Ne cherchez donc pas à vous libérer du désir ni à « atteindre » l’illumination. Apprenez à être présent. Soyez celui qui observe le mental. Au lieu de citer Bouddha, soyez Bouddha. Soyez « celui qui est éveillé ». C’est ce que le mot bouddha veut dire : éveillé.

Les humains sont en proie à la souffrance depuis toujours, depuis qu’ils sont sortis de l’état de grâce, qu’ils sont entrés dans le règne du temporel et du mental, et qu’ils ont perdu la conscience de l’Être.

Dès ce moment-là, ils ont commencé à se percevoir comme d’insignifiants fragments évoluant dans un monde étranger, coupés de la Source et des autres.

La douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi longtemps que vous êtes identifié à votre mental, c’est-à-dire inconscient spirituellement parlant.

Je fais ici surtout référence à la souffrance émotionnelle, également la principale cause de la souffrance et des maladies corporelles. Le ressentiment, la haine, l’apitoiement sur soi, la culpabilité, la colère, la dépression, la jalousie, ou même la plus petite irritation sont sans exception des formes de souffrance.

Et tout plaisir ou toute exaltation émotionnelle comportent en eux le genre de la souffrance, leur inséparable opposé, qui se manifestera à un moment donné. N’importe qui ayant déjà pris de la drogue pour « décoller », sait très bien que le « planage » se traduit forcément par un « atterrissage », et que le plaisir se transforme d’une manière ou d’une autre en souffrance.

Beaucoup de gens savent aussi d’expérience avec qu’elle facilité et rapidité une relation intime peut devenir une source de souffrance après avoir été une source de plaisir.

Si on considère ces polarités négative et positive en fonction d’une perspective supérieure, on constate qu’elles sont les deux faces d’une seule et même pièce, qu’elles appartiennent toutes deux à la souffrance sous-jacente à l’état de conscience dit de l’ego, à l’identification au mental, et que cette souffrance est indissociable de cet état.

Il existe deux types de souffrance: celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre esprit.

Eckhart Tolle
Extrait du livre : Le pouvoir du moment présent - Guide d’éveil spirituel

Invitation

Je ne m’intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton cœur.

Je ne m’intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir, si pour la quête de l’amour et de tes rêves,
Pour l’aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d’être considéré comme fou.

Je ne m’intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t’ont ouvert,
Ou si tu t’es fané et renfermé par crainte des blessures à venir.

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t’agiter pour la cacher, l’amoindrir ou la fixer.

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l’extase jusqu’au bout de tes mains, de tes pieds
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

Je ne m’intéresse pas à la véracité de l’histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l’accusation d’une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

Je veux savoir si tu sais faire confiance, et si tu es digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : « Oui ! » au disque argenté de la lune.

Je ne m’intéresse pas à l’endroit où tu vis ni à la quantité d’argent que tu as.
Je veux savoir si après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

Je ne m’intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

Je ne m’intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient de l’intérieur, lorsque tout le reste s’écroule.

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments de vide.

L’Invitation, un magnifique texte de Oriah Mountain Dreamer, Écrivaine canadienne

Être dans la gratitude

Être humain, c’est être une maison d’hôtes. 
Tous les matins arrive un nouvel invité. Une joie, une dépression, une méchanceté, une prise de conscience momentanée vient comme un visiteur inattendu. 
Accueillez les tous et prenez-en soin! 
Même s’ils sont une foule de chagrins, qui balaient violemment votre maison et la vident de tous ses meubles, traitez chaque invité honorablement. 
Peut-être vient-il faire de la place en vous pour de nouveaux délices. La pensée sombre, la honte, la malice, rencontrez-les à la porte en riant, et invitez-les à entrer. 
Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent, parce que chacun a été envoyé comme un guide de l’au-delà. ~ Rûmî

La nature de la peur

Nous observons notre conscience, avec son contenu. Son
contenu, tel que la blessure, les relations, constitue notre conscience.
La peur est aussi un autre contenu de notre conscience ; nous vivons
avec la peur, non seulement extérieurement mais aussi bien plus
profondément, dans les recoins obscurs de notre esprit, il y a une peur
profonde, une peur du futur, une peur du passé et une peur du vrai
présent.

Nous devrions parler ensemble de la possibilité pour les êtres
humains, vivant dans ce monde tel qu’il est aujourd’hui – menacé par
les guerres, vivant notre vie quotidienne — d’être totalement,
complètement libre de toute peur psychologique. La plupart d’entre
vous, ne se sont peut-être jamais posé cette question. Ou peut-être
l’avez-vous fait et avez-vous essayé de trouver un moyen d’échapper à
la peur, de la supprimer, de la rejeter, ou de la rationaliser. Mais si
vous observez réellement profondément la nature de la peur, alors
vous devez regarder ce qu’est la peur, vous devez vraiment voir
quelles sont les causes qui contribuent à la peur.

La plupart d’entre nous ont peur, peur du lendemain, peur de la mort, de votre mari ou de votre femme ou de votre petite amie ; il y a tant de choses dont nous avons peur. La peur est semblable à un grand arbre aux branches innombrables ; ce n’est pas bon de couper seulement les branches, vous devez aller à sa racine même et voir s’il est possible de l’extirper d’une façon si complète que vous vous en libériez. Il ne s’agit pas de savoir si nous resterons toujours libres de la peur ; quand vous en avez
vraiment supprimé les racines, alors la peur n’a plus la possibilité de
rentrer dans votre vie psychologique.

La comparaison est une des causes de la peur, se comparer avec un
autre. Ou se comparer à ce que l’on a été et à ce que l’on voudrait être.
Le mouvement de comparaison c’est le conformisme, l’imitation,
l’adaptation ; c’est une des sources de la peur. A-t-on jamais essayé de
ne jamais se comparer avec un autre que ce soit physiquement ou
psychologiquement ? Quand on ne se compare pas, alors on ne devient
pas.

Toute notre éducation nous pousse à devenir quelque chose, à être
quelque chose. Si l’on est pauvre, on souhaite devenir riche — si l’on
est riche, on souhaite plus de pouvoir. Religieusement ou socialement,
on veut toujours devenir quelque chose. Dans cette volonté, dans ce
désir de devenir, il y a la comparaison.

Vivre sans comparaison, c’est la chose extraordinaire qui arrive quand on n’a pas de mesure. Tant que l’on mesure psychologiquement, la peur est inévitable parce que l’on lutte toujours et que la réussite n’est pas assurée.

Le désir est une autre raison de la peur. Nous devons observer la
nature et la structure du désir et pourquoi le désir a pris une telle
importance dans nos vies. Le désir va inévitablement de pair avec le
conflit, la compétition et la lutte. Donc, il est important, si vous êtes
sérieux — et ceux qui sont sérieux, vivent vraiment, pour eux la vie a
une signification et une responsabilité énormes — de découvrir ce
qu’est le désir. Dans le monde entier les religions ont dit : « Supprimez
le désir ! » Les moines — il n’est pas question des religieux qui ne
sont pas sérieux, mais de ceux qui se sont engagés dans une
organisation religieuse appartenant à leur propre foi — ont essayé de
transférer ou de sublimer le désir au nom d’un symbole, d’un sauveur.

Mais le désir est une force extraordinaire dans notre vie. On le
supprime, on le fuit, on échange les activités du désir, ou on le
rationalise, en voyant comment il apparaît et quelle est sa source.
Donc, observons le mouvement du désir. Nous ne disons pas qu’il faut
le supprimer, le fuir ou le sublimer — quel que soit le sens de ce mot.

La plupart d’entre nous sont des êtres humains extraordinaires. Nous
voulons que tout soit expliqué, nous voulons que tout soit très
soigneusement exposé sous forme de mots ou d’un schéma, et nous
pensons que nous l’avons compris. Nous sommes devenus esclaves
des explications. Nous n’essayons jamais de découvrir nous-mêmes,
quel est le mouvement du désir et comment il naît. L’orateur va
explorer cette question, mais l’explication n’est pas la réalité. Le mot
n’est pas la chose. On ne doit pas être prisonnier des mots, des
explications. La montagne peinte sur une toile n’est pas la véritable
montagne. Elle peut être très bien peinte, mais elle n’a pas son
extraordinaire et profonde beauté, ni sa majesté se découpant sur le
ciel bleu. De même, l’explication du désir n’est pas le véritable
mouvement du désir. L’explication n’a aucune valeur tant que l’on ne
voit pas réellement soi-même.

L’observation doit être libre, sans direction, sans motif, pour
pouvoir comprendre le mouvement du désir. Le désir provient de la
sensation. La sensation, c’est le contact, la vision. Alors, la pensée crée
une image à partir de cette sensation ; ce mouvement de la pensée est
l’origine du désir. Par exemple, vous voyez une belle voiture et la
pensée crée l’image de vous dans cette voiture, etc ; le désir débute à
ce moment.

Si vous n’aviez pas de sensation, vous seriez paralysé.
L’activité des sens est indispensable. Quand la sensation de la vision
ou du toucher commence, alors la pensée fabrique l’image de vous
dans cette voiture. Le désir naît au moment où la pensée crée l’image.

Il faut un esprit très attentif pour voir l’importance de toute la
sensation — pas une certaine activité des sens, suivie par l’activité de
la pensée créant une image. Avez-vous déjà observé un coucher de
soleil et le mouvement de la mer, avec tous vos sens ? Quand vous
observez avec tous vos sens, il n’y a pas de centre à partir duquel vous
observez. Tandis que si vous cultivez seulement un ou deux sens, il y
a fragmentation. Là où il y a fragmentation, il y a la structure du
« moi ».

En observant le désir, en tant que facteur de la peur, voyez comment la pensée survient et crée l’image. Mais si l’on est complètement attentif alors la pensée ne s’immisce pas dans le mouvement de la sensation. Cela demande une grande attention intérieure avec sa discipline.

Le temps est un autre facteur de la peur — le temps psychologique,
pas celui du lever et du coucher de soleil, d’hier, d’aujourd’hui et de
demain. Le temps est un des facteurs les plus importants de la peur. Il
ne s’agit pas de faire cesser le temps qui est mouvement, mais de
comprendre la nature du temps psychologique, pas intellectuellement
ou avec des mots, mais on doit vraiment l’observer psychologiquement,
intérieurement. Nous pouvons être libres du temps ou nous pouvons
en être esclaves.

Dans la plupart d’entre nous il y a un élément de violence qui n’a
jamais été résolu, jamais effacé de façon à nous permettre de vivre
sans aucune violence. Ne pouvant pas être débarrassés de la violence,
nous avons créé l’idée de son contraire : la non-violence.

La non-violence est un non-fait — la violence est un fait. La non-violence
n’existe pas — si ce n’est sous forme d’idée. Ce qui existe, « ce qui est
 », c’est la violence. C’est comme ces gens, en Inde, qui disent qu’ils
vénèrent l’idée de la non-violence, ils la prêchent, ils en parlent, ils
l’imitent — ils s’occupent d’un non-fait, d’une non-réalité, d’une
illusion. Ce qui est un fait, c’est la violence, grande ou petite, mais la
violence. Quand vous poursuivez la non-violence, qui est une illusion,
qui n’est pas une réalité, vous cultivez le temps. C’est-à-dire « Je suis
violent, mais je serai non-violent ». Le « Je serai », c’est le temps, qui
est le futur, un futur qui n’a aucune réalité, c’est une invention de la
pensée pour s’opposer à la violence. C’est l’ajournement de la violence
qui crée le temps.

Lorsqu’il y a une compréhension et ainsi la fin de la violence, il n’y a pas de temps psychologique. Nous pouvons être maîtres du temps psychologique ; ce temps peut être totalement éliminé si vous voyez que le contraire n’a pas de réalité. « Ce qui est » n’a pas de temps.

Pour comprendre « ce qui est », il n’y a pas besoin de temps, mais seulement une observation complète. Dans l’observation de la violence, par exemple, il n’y a pas de mouvement de pensée, il y a seulement la possession de cette énorme énergie que l’on appelle violence et son observation. Mais à partir du moment où il y a une distorsion, l’ambition de devenir non-violent, vous avez introduit le temps.

La comparaison, avec toute sa complexité, le désir et le temps, sont
des éléments de la peur de la peur très profondément enracinée.
Lorsqu’il y a observation et par conséquent, aucun mouvement de
pensée — on observe seulement le mouvement total de la peur — il y
a cessation complète de la peur et l’observateur n’est pas différent de
l’observé. C’est un élément très important à comprendre. Et pendant
que vous observez, complètement, la peur cesse, alors l’esprit humain
n’est plus prisonnier du mouvement de la peur.

S’il y a une peur quelconque, l’esprit est en désordre, déformé et par conséquent il n’a pas de clarté. Et il doit y avoir de la clarté pour permettre à ce qui est éternel d’exister. Observer le mouvement de la peur en soi-même, en examiner toute la complexité les ramifications et rester complètement avec elle, sans un mouvement de pensée, c’est la fin totale de la peur.

Extrait chapitre 6 / "La flamme de l’attention" - Krishnamurti

On ne voit bien qu’avec le cœur